La création :
Mozart semble s'être largement inspiré de JeanTerrasson pour composer sa Flûte Enchantée, notamment pour tous les passages dont les thèmes sont liés à la franc-maçonnerie.
Le Séthos de Jean Terrasson connut un réel succès et popularisa la notion de « mystères égyptiens ».
Terrasson présente l'histoire de Séthos comme une œuvre de fiction
qu'il dit avoir tirée d'un manuscrit grec d'un auteur inconnu, qui
lui-même aurait puisé à des sources égyptiennes. En faisant valoir que
sa composition est de loin antérieure au déchiffrement des hiétoglyphes, les égyptologues
ne lui accordent toutefois aucune valeur historique. Terrasson a
contribué à créer ainsi l'image mystifiée d'une Égypte antique fictive,
mère des sciences et des connaissances, basée sur des récits peu
critiques de Diodore de Sicile, image à laquelle avaient d'ailleurs contribué plusieurs autres écrivains avant le déchiffrement des hiéroglyphes, comme A. Kircher. Cette image est le fondement de la mythologie de la franc-maçonnerie, et de théories pseudo-scientifiques, telles que celles de Cheikh Anta Diop et suiveurs, prétendant que la connaissance greque vient d'Egypte.
La flûte enchantée (Die Zauberflöte) est un Singspiel (opéra en langue allemande alternant des scènes chantées et parlées) en deux actes de Wolfgang Amadeus Mozart, sur un livret d’Emanuel Schikaneder, également créateur du rôle de Papageno.
Cet opéra a été créé à Vienne au Theater auf der Wieden, le 30 septembre 1791 avec Josefa Hofer (la Reine de la nuit), Anna Gottlieb (Pamina), Benedikt Schak (Tamino), Franz Xaver Gerl (Sarastro), Emanuel Schikaneder (Papageno), Johann Josef Nouseul (Monostatos), tous placés sous la direction du compositeur.
C’est au printemps de l’année 1791 que Mozart écrivit les premières esquisses de ce qui devait devenir la Zauberflöte. Il répondait à une commande de son ami et frère en maçonnerie Emanuel Schikaneder. Cet acteur de grand talent avait pris possession d'un théâtre des faubourgs de Vienne, le Theater auf der Wieden, bâtiment pouvant accueillir plus de mille spectateurs.
Aquarelle de Georg Melchior Kraus
En présentant le livret au compositeur, Schikaneder souhaitait répondre au goût
d'un public populaire pour les Singspiele féeriques. Ces opéras en langue
allemande composés de parties chantées et de parties dialoguées, d'un caractère
léger, connaissaient alors la faveur d'un public populaire. C'est dans un petit
chalet attenant au théâtre que Mozart écrivit la majeure partie de la flûte
enchantée. Vers la mi-septembre Mozart réalisa l'instrumentation, le 28
septembre, il termina d'écrire l'ouverture, le 29, ce fut la répétition
générale et le 30 il dirigea la première. Huit jours plus tard Mozart écrivit à
sa femme : « J'arrive à l'instant de l'Opéra. Salle plus pleine que
jamais. Le duetto Man und Weib, ainsi que le glockenspiel du premier
acte ont été bissés comme d'habitude. Egalement au second acte, le trio des
Jeunes Garçons. Mais ce qui me fait le plus de plaisir, c'est le succès par le
silence. On voit très bien comme cet opéra monte de plus en plus dans
l'opinion ».

