Air de Pamina (Ach, ich fühl's) :

Attirée par le son de l'instrument Pamina apparaît. Respectant l'épreuve qui lui est imposée, Tamino n'ose répondre aux questions de la princesse. Bouleversée par ce silence, et pensant que Tamino ne l'aime plus, Pamina chante sa douleur :

Ach, ich fühl's, es ist verschwunden,

Ewig hin der Liebe Glück !

Nimmer kommt ihr Wonnestunden

Meinem Herzen mehr zurück !

Sieh, Tamino diese Tränen

Fließen, Trauter, dir allein.

Fühlst du nicht der Liebe Sehnen,

So wird Ruh' im Tode sein !

Ah, je le sens, il s'est enfui

pour toujours le bonheur de l'amour !

Jamais plus vous ne reviendrez

heures bienheureuses dans mon coeur !

Vois, Tamino, vois, ces larmes

coulent pour toi seul, bien-aimé.

Si tu ne sens pas l'appel de l'amour,

je trouverai la paix dans la mort !

Musicalement la voix dePamina est soulignée par un accompagnement retenu de l'orchestre, tant sur le plan de la nuance que sur le plan des rythmes : les cordes jouent dans la nuance piano des accords entrecoupés de silences. Les passages importants du texte sont répétés et musicalement mis en exergue (passages soulignés ci-dessus). La fin de l'air illustre une douleur poignante, où les mots sont repris comme dans un ultime effort (« im Tode sein ») avant de laisser l'orchestre conclure.